Le Hung Gar, issu du Gong Fu de Shaolin du Sud, est un des styles le plus ancien et le plus populaire du sud de la chine, qui a été crée durant des périodes de tourmentes et de conflits et qui fut une lueur d’espoir pour le peuple oppressé.

Le Hung Gar alterne des mouvements durs et doux, issus de l’imitation des 2 animaux de base du style, le Tigre et la Grue, tout en intégrant des techniques des 3 autres animaux tels que le Serpent, le Léopard et le Dragon…

Même si le Hung Gar fait partie des styles dit externes, il possède son propre travail énergétique interne (Qi Gong) et inclus les notions de Yin/Yang, des 5 Eléments, etc…

Un viel adage dit que « le Hung Gar est fait pour les hommes forts ou pour ceux qui veulent le devenir »

Depuis Wong Fei Hung, la médecine traditionnelle chinoise fut une partie intégrante de l’apprentissage du Hung Gar à un haut niveau, d’où l’utilisation du Dim Mak (l’Art Sublime des Points Vitaux) ou du Di Dat Jau (liniment qui permet de prévenir/guérir les dommages externes comme les ecchymoses, douleurs tendino-musculaires ou articulaires)

Le Hung Gar permet de:

– Renforcer les muscles et les tendons

– Renforcer la structure osseuse

– Améliorer la respiration

– Améliorer la circulation du Sang et du Qi

et c’est un système d’auto-défense efficace

On peut compter 4 piliers du style:

– GUNG GEE FOOK FU KUEN (Maîtriser le Tigre): Forme de base et importante car elle pose les fondations du style et du travail respiratoire.

– FU HOK SEUNG YIN KUEN (Le poing double du Tigre et de la Grue): Forme la plus représentative du Hung Gar, modifiée par Wong Fei Hung en intégrant les techniques des 12 ponts (Sup Yee Kiu Sao) issues de la forme Tid Sin Kuen et les 10 techniques de mains meurtrières (Sup Jit Sau), qu’il popularisa en battant tous ses opposants.

SUP YIN KUEN (Le poing des 10 formes, ou 5 animaux et 5 éléments): crée par Wong Fei Hung, elle marque le passage de l’externe vers l’interne, des 5 animaux aux 5 éléments.

TID SIN KUEN (Le poing du fil de fer ou pont de fer): forme la plus avancée du système, c’est une forme interne et concerne le travail du Qi.

Il existe des formes mineures, venues compléter le système par les différents maîtres au fil des années: Mui Fa Kuen, Lau Gar Kuen, Wu Dip Jeung,…

Ces formes existent en travail individuel, mais aussi en travail combiné: Gung Gee Fook Fu Doy Dar (Combat de la Maîtrise du Tigre), Fu Hok Seung Yin Doy Dar (Combat du Tigre et de la Grue), Hang Che Pang Doy Dar (Combat du Bâton du Singe), etc…

Sans oublier les formes avec armes: Seung Tau Gwan (Bâton aux 2 têtes), Hang Che Pang (Bâton du Roi Singe), Gee Mo Seung Do (Couteaux Papillons de la mère et du fils), Pu Do (Hallebarde), Yu Gar Dai Pa (Fourche du Tigre de la famille Yu), Sam Jie Bin (Chaîne à 3 sections), etc…

 

 

UNE ÉPOQUE D’OPPRESSION…

A l’époque où les Mandchous sont arrivés au pouvoir, évinçant les Ming et créant la dynastie Qing, répandant cruauté et oppression, des sociétés secrètes se créèrent, se rebellant contre ce nouveau gouvernement mandchou, dont la devise était  » Renverser les Qing et rétablir les Ming » (Fang Qing Fu Ming).

Les Qing se doutant que le temple de Shaolin du Nord, dans la province du Henan, abritaient des rebelles, détruisirent le temple. Seuls 5 moines réussirent à s’échapper et décidèrent de répandre l’enseignement de Shaolin et résister face aux Mandchous…

Par la suite, le nom de ces écoles prirent le nom modifié de ces moines ( ou de leur disciple) afin de cacher l’origine de ces styles…Hung Gar, Choy Gar, Li Gar, Lau Gar et Mo Gar…Gar voulant dire clan ou famille en chinois.

HUNG GAR KUEN – Le poing de la famille HUNG…

L’abbé Gee Sin Sim See, un des 5 moines rescapés, expert dans la technique du Tigre, s’est réfugié dans un temple dans la province de Fukien, connu par la suite comme Shaolin du Sud.

Hung Hei Gung était un simple marchand de thé et suite à un litige avec des nobles Qing, se réfugia dans ce temple où il devint le meilleur disciple du moine Gee Sin Sim See.

Mais le temple fut aussi détruit par les Qing, forçant de nouveau le moine et quelques uns de ses disciples à fuir… c’est ainsi que Gee Sin Sim See et Hung Hei Gung rejoignirent la troupe d’opéra chinoise des Jonques Rouges, une des sociétés secrètes les plus importantes de cette période.

Hung Hei Gung continua à perfectionner et à adapter sa technique et posa les premiers fondements de son style qui allait devenir le Hung Gar Kuen…Le poing de la famille Hung.

« Gong Gee Fook Fu Kuen » ou « Apprivoiser le Tigre » permet le travail des bases tout en développant les qualités nécessaires du style (endurance, force, explosivité,…)

Lors de ses voyages, Hung rencontra et épousa Fong Wing Chun, qui lui enseigna le style de la Grue Blanche, qu’il combina par la suite à son style du Tigre et créa la fameuse forme « Fu Hok Seung Ying Kuen » (le Poing du Tigre et de la Grue) qui couvre toutes les techniques du système Hung Gar.

Les grands noms du HUNG GAR…

LUK AH CHOY: Elève de Gee Sin Sim See qui a approndi son enseignement auprès de Hung Hei Gung et l’aida à perfectionner les fondements du style. Il eut comme élève Wong Tai, ainsi que son fils Wong Kei Ying, qui devint l’instructeur d’arts martiaux du général du régiment d’infanterie et l’un des « 10 Tigres de Guangdong(Canton) » et qui est le père du très célèbre Wong Fei Hung…

TID KIU SAM: Il était considéré comme le meilleur pratiquant d’arts martiaux chinois de son époque. De son vrai nom, Leung Kwan, il était le chef des « 10 Tigres de Canton ». Il a crée le « Tid Sin Kuen » (Le poing du Fil de fer), (la forme la plus avancée du Hung Gar, qui développe le Qi et renforce les muscles et les tendons). Il l’enseigna à Wong Kei Ying et à Wong Fei Hung, en reconnaissance de soins prodigués grâce à leurs grandes connaissances en médecine chinoise.

WONG FEI HUNG: Grande figure des Arts Martiaux Chinois et du Hung Gar, il est considéré comme le père du Hung Gar contemporain. Il introduisit dans le Hung Gar la médecine traditionnelle chinoise, ainsi que la danse du lion, ses compétences lui valut le surnom de « Roi des lions ». Il continua à développé le style Hung Gar et le modifia, et ajouta les techniques combinés des 5 animaux (Tigre pour sa puissance, force et courage, Grue pour son agilité et vigilance, Léopard pour sa vitesse, Dragon pour son contrôle et ses qualités spirituelles, Serpent pour sa force intérieure) et des 5 élèments (Feu, Bois, Métal, Eau, Terre) « Sup Ying Kuen », sa technique favorite des « 10 Mains meurtrières » (Sup Juet Sao)…

On dit qu’il n’a jamais perdu un seul combat et il était respecté tant sur le plan martial, que pour ses grandes connaissances médicales (il reprit le centre médical de son père), ainsi que pour ses valeurs morales.

Wong Fei Hung est considéré aujourd’hui comme le plus grand maître de Hung Gar et son histoire a été raconté à travers des centaines de films, livres, documentaires télévisés, etc…

LAM SAI WING: L’un des plus grands élèves de Wong Fei Hung, surnommé « Le boucher volant » du fait de sa profession et de son habileté au maniement des Couteaux Papillons. Il resta auprès de son maître jusqu’à son décès et passa le reste de sa vie à promouvoir et à transmettre ses connaissances martiales et médicales, notamment à travers son fils adoptif LAM JO

 

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