MISE EN LUMIÈRE D'UNE ASSOCIATION AU COEUR DES VALEURS DU WU SHU

MISE EN LUMIÈRE D’UNE ASSOCIATION
AU COEUR DES VALEURS DU WU SHU

L’association Jin Gang est située à Libourne et a été créée en août 2007 par deux passionnés d’arts martiaux chinois :

Valérie et Guillaume Large. Sa présidente est Monique Bouzaid.

Valérie a été plusieurs fois championne de France en compétition de Kung Fu et a été l’élève de Gilles Haus. Elle s’est formée en Chine en Tai Chi Chuan style Chen auprès de Zheng Youfa et de Xu Wenzhou.
Guillaume a appris le Tai Chi Chuan d’abord en France auprès de Jean-Marie Escamilla, de Daniel Fabre et de Chen Zhi puis en Chine auprès de Zhang Dongwu, Zheng Youfa, Xu Wenzhou et enfin Chen Ziqiang dont il est disciple depuis 2014.
En 2010, un ami chinois vient rejoindre l’équipe : il s’agit de Chen Zhi qui est également disciple de Chen Ziqiang depuis 2014.

Tous les 3 enseignent le Tai Chi Chuan style Chen ainsi que le Qi Gong pour Chen Zhi.

En 2013 et 2015, deux professeurs bénévoles Marie-José et Catherine viennent soutenir l’équipe pour l’enseignement du Qi Gong et du Tai Chi.

L’association dispense ses cours sur 7 communes différentes et compte cette année 170 adhérents.

Depuis 2015, l’association est représentante pour la France de l’école de Tai Chi Chuan de Chenjiagou dont le président est le grand maître Chen Xiaowang, le directeur son frère Chen Xiaoxing et l’entraîneur son neveu Chen Ziqiang.

Pour le Qi Gong, c’est Duan Yongfeng représentant le style Zhen Qi Yun Xing Fa de maître Li Shaobo qui est notre référente en Chine.

En plus de ses cours habituels, l’association dispense des stages plusieurs fois par an avec ses professeurs ou en invitant les référents chinois : Chen Ziqiang, Chen Jianqiang et Duan Yongfeng pour le Qi Gong.
Les 12/13 et 19/20 mars prochains elle accueillera Chen Jianqiang, multiple champion de Chine de Tui Shou pour animer un stage sur les poussées des mains.

Chaque année pour les vacances de Pâques, un voyage en Chine est proposé aux adhérents pour permettre d’effectuer un stage d’une semaine à Chenjiagou pour le Tai Chi et à Dengzhou pour le Qi Gong. L’autre semaine est réservée à la découverte d’une province chinoise.

Enfin, l’association Jin Gang cherche également à faire connaître la culture chinoise en proposant chaque année des rendez-vous importants :

– la Fête du nouvel an chinois avec le défilé du dragon, un dîner-spectacle, des concerts de musique traditionnelle chinoise
– la Journée du Tai Chi et de la culture chinoise avec des initiations au Tai Chi et au Qi Gong, des démonstrations, des conférences, des ateliers (thé, calligraphie, langue chinoise, jeux chinois)
Valérie Large anime également un cours de langue chinoise en partenariat avec une autre association libournaise.

Grâce à un fort soutien de ses bénévoles, l’association Jin Gang est aujourd’hui très active et épanouie, nous lui souhaitons de grandir encore grâce aux futurs adhérents et bénévoles.

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Hommage à Da-Sifu Jef Martin

Da-Sifu Jef Martin
Fondateur de l’Ecole du Cinabre Rouge (Cysoing)
CN 6ème Duan

 

 

Que ce soit au niveau professionnel, en tant que Directeur du Service Jeunesse et Loisir de la ville de Villeneuve d’Ascq, qu’au niveau personnel et martial, Jef Martin a toujours été présent pour aider, accompagner, guider toutes les personnes qui ont eu la chance de croiser son chemin. Il a toujours cru aux capacités de chacun et leur à permis de s’épanouir et de se réaliser dans la vie.

Si on pouvait lister les noms des personnes qui souhaiteraient lui dire, ne serait ce qu’un simple « merci », elle serait beaucoup trop longue à énumérer…

Cysoing… 1982… un homme releva un grand défi: celui de faire partager sa passion à toute une ville, toute une région… l’Ecole du Cinabre Rouge est née !

« Au départ, il faut bien avouer que ce fut une gageure que d’implanter un club d’Arts Martiaux à Cysoing, qui de plus est chinois… Mais au Cinabre Rouge, on aime les paris, on relève les défis… Depuis, chaque année les couleurs de la cité pévèloise rayonnent parmi les grands, on ne compte plus les médailles aux coupes et championnats de France, tant en technique qu’en combat… Mais qu’on ne se m’éprenne pas, si la compétition est un moyen pour certains ou certaines de se réaliser, ce n’est pas la seule voie. Chacun dans une ambiance sereine et sympathique, en détente, loisir, peut venir pratiquer le WU SHU (Gong Fu, Tai Ji Quan, Qi Gong) qui fait partie intégrante du patrimoine culturel chinois » (Paroles recueillies de Da-Sifu Jef Martin).

Le chemin fût long et difficile, mais Jef n’est pas homme à se laisser abattre. Après avoir travaillé pendant de longues années pour le développement du Gong Fu à Cysoing, dans la région Nord Pas-de-Calais et au niveau national, Da-Sifu Jef Martin peut être fier de son oeuvre.

Ceinture Noire 6ème Duan, Diplômé d’Etat, arbitre national, il a été un Maître, un ami, un père spirituel pour un grand nombre d’entre nous dans le milieu des arts martiaux. Il a su nous inculquer des valeurs morales, ainsi qu’une conduite de vie.

Il a formé, au sein de son école le Cinabre Rouge, des diplômés d’état et fédéral, des arbitres régionaux, nationaux et internationaux, une quarantaine de ceintures noires, dont plusieurs ont portés les couleurs de son école au niveau national et même mondial (en intégrant l’Equipe de France Technique et Combat, en remportant plusieurs dizaines de titres en Coupe et Championnat de France, en Rencontres Internationales et Championnat du Monde).

Son esprit de famille a perduré au sein de notre école et aujourd’hui, nous continuons à travailler ensemble, avec les différentes écoles du Nord Pas-de-Calais, pour poursuivre le développement que Jef a commencé lui-même avec ses maîtres et amis, Roger et Willy Leignel.

Et c’est avec un grand honneur que je reprends ce flambeau, allumé par mon regretté Da-Sifu, porté pendant plusieurs années par Jacky Juste, accompagné par toutes ces personnes qui font vivre notre école (Bernadette Delemmes, Dominique Duthoit, les instructeurs, les élèves). Nous poursuivrons son oeuvre et respecterons l’esprit et la tradition de son enseignement.

Je voudrais aussi manifesté toute ma sympathie à sa femme, Marie Do, pour l’accompagner tant bien soit peu, dans cette douloureuse épreuve, et la saluer pour toutes ces années de patience et de soutien envers Jef, tant dans sa passion, que dans sa vie au quotidien et malheureusement dans la maladie.

J’ai aussi de grandes pensées pour sa fille, Virginie, ainsi que pour son fils, mon ami et partenaire d’entraînement à nos tout débuts, Jérôme, qui a aussi beaucoup donné au Cinabre Rouge…

Merci à toi Jef de m’avoir ouvert la voie et d’avoir fait de moi ce que je suis aujourd’hui.

John Robertson  

 

2016 c’est fini : Maitre YUEN ManSin (Georges DEMIANOFF) n’est plus.

2016 c’est fini.

Durant cette année le monde des « Peoples » n’a pas été épargné. Alan VEGA (Suicide / auteur-compositeur- interprète), Billy PAUL (chanteur), Bud SPENCER (acteur), Carrie FISHER (actrice) puis sa mère Debbie REYNOLDS (actrice – décédée un jour après sa fille), Cassius CLAY (Mohamed ALI / Boxeur), Claude GENSAC (actrice), David BOWIE (auteur- compositeur-interprète, acteur et peintre), Ettore SCOLA (réalisateur-scénariste), Georges MICAHEL (auteur- compositeur-interprète), Glenn FREY (Eagles / chanteur-compositeur-guitariste), Greg LAKE (King Crimson, ELT / chanteur-bassiste), Hubert MOUNIER (l’Affaire Louis’ Trio / musicien-chanteur et auteur de bande dessinée), Jimmy BAIN (Rainbow, Dio / bassiste),Keith EMMERSON (Emmerson, Lake and Palmer (ELT) / claviériste), Marcel GOTTLIB (dessinateur), Michel DELPECH (auteur-compositeur-interprète), Michel GALABRU (acteur), Michèle MORGAN (actrice), Paul TOURENNE (les Frères JACQUES / chanteur), Peter VAUGHAN (acteur), Prince (auteur-compositeur-interprète, multi instrumentistes), Rik PARFITT (Status Quo / chanteur-guitariste) que j’ai eu la chance de rencontrer avec Alan LANCASTER (le bassiste du même groupe) lors d’un séjour linguistique en Angleterre en 1975, j’étais alors un adolescent de 14 ans, Sonia RIKIEL (styliste), …

Cette liste est bien sur non exhaustive, nous pourrions y rajouter le roi de Thaïlande Bhumibol, Nancy REAGAN, Michel ROCARD. La liste est encore longue et je m’excuse de ne pouvoir citer tout le monde mais bon nombre de célébrités sont décédées en cette année 2016.

Le monde du « Kung-Fu » français n’est pas en reste. Et mon cœur saigne. Il saigne car en cette fin d’année, le samedi 10 décembre 2016, a vu la disparition du dernier des premiers grands maitres ayant importé cet art multi millénaire dans l’hexagone, qui résidait toujours en France.

Maitre YUEN ManSin (Georges DEMIANOFF) n’est plus.

Il fut mon Maître depuis 1982 et bien que nos routes se soient séparées ces trois dernières années, il restera toujours ma référence et aujourd’hui mes pensées vont vers sa famille pour l’accompagner dans la douleur de ce funeste moment.

Maître YUEN ManSin est né à Saigon dans le
sud du Vietnam le 18 avril 1943 (encore sous la
dépendance française jusqu’en 1953), trois ans avant le début de la guerre d’Indochine (1946-1954), il fut le fondateur de la première école de Kung-Fu sur la place de Paris, en 1964, et de la première fédération dédiée aux Arts Martiaux de tradition chinoise et Vietnamienne, la Fédération Française de Yo Kung-Fu, en 1973. L’histoire se répétant à l’infinie, Maître Georges DEMIANOFF du s’opposer aux premiers experts français du Karaté qui, à l’époque, voulant se séparer de leur fédération de tutelle, la FFJDA, étaient en pleine recherche de reconnaissance et d’indépendance ; ils voyaient donc d’un mauvais œil ce « nouvel » art martial, non japonais, arrivé sur le territoire français qui ressemblait, pour des profanes, comme deux gouttes d’eau au Karaté. Ces personnalités prétendirent,

à l’époque, que le Kung-Fu n’existait pas et que ce que présentait Maître YUEN ManSin n’était … RIEN. !!!

Ils rejouaient en France les années de domination japonaise sur le peuple chinois.

Rappelons aussi que le Karaté devint indépendant en 1975 soit 25 ans après l’introduction de cette discipline dans l’hexagone. Tiens ! Mais ne voit-on pas apparaitre comme une espèce de parallèle avec la situation du Kung-Fu en France qui revendique son autonomie vis-à-vis des arts martiaux japonais depuis tant d’années maintenant ?

Passées ces querelles de premières heures, Maître YUEN ManSin fut un grand expert reconnu aussi bien dans le monde des Arts Martiaux Chinois (Boxe des animaux, Shaolin Si – 少林寺, BāGuà – 八卦, TàiJí Quán – 太极拳, …) que dans d’autres disciplines martiales (Vo Tu Do, Karaté – 空手道, TaeKwon Do – 태권도 / 跆拳道, …) et de nombreux pratiquants de toutes disciplines confondues n’hésitaient pas à lui mander conseils pour améliorer leur pratique.

Il enseigna son art en France dans le 2ème et le 20ème arrondissement de Paris et en Espagne dans les provinces d’Alicante d’Andalousie et de Valencia. Afin de diffuser son savoir et de répondre aux attentes de ses élèves les plus fidèles et les plus doués, il créa différents arts de combat permettant à chacun de s’orienter, avec une base commune, le Kung-Fu, dans des systèmes différents tels que le Kempo par le biais de son « Shorinté Yuen Luu Kai », ou de la Boxe Thaï par le biais de sa « Boxe professionnelle d’Asie », regroupant toutes ses connaissances martiales acquises durant toutes ses années de pratique dans son « Théâtre Shaolin. » Il nous parlait aussi, à l’époque où les compétitions en combat étaient calquées sur le modèle du Karaté, de sa « Boxe Décisive » qui, elle, se déroulait en trois rounds, sur plateforme et sans arbitre central. La plateforme devait être de forme ronde avec un diamètre de 3 mètres (ou carrée avec une mesure similaire des cotés) et tout combattant éjecté de cette surface perdait le combat. Un mélange de SanDa et de MMA. Ces systèmes de combat étaient alors totalement inconnus en France.

Son maitre-mot était « efficacité. » Et efficace il l’était. Les compétitions qu’il organisait au sein de la FFYKF, étaient qualifiées, Un Karatéka rendu célèbre pour son « coup de gueule » lors des championnats du monde de Long Beach en 1972 le qualifiait de « tueur », ce qui certifiait là cette reconnaissance des capacités martiales de Maître Georges DEMIANOFF surtout lorsque l’on sait que ce terme sort de la bouche de Dominique VALERA, qui, lui-même, n’avait (et n’a toujours) pas une réputation de tendre.

Le premier reportage, en France, parlant de ce grand expert remonte à 1966 dans le journal « Midi Libre. »

Pour l’Espagne ce fut en 1970 que fut diffusé, à Gandia, le premier


article sur Maître YUEN ManSin. La revue « Karaté » (aujourd’hui
« Karaté Bushido ») fit aussi quelques reportages sur ce Grand

Maître qui resta tout le long de sa vie simple et accessible. Jamais il ne chercha à se faire de publicité autre que celle du « bouche à oreille» car seule sa renommée comptait. Jamais, lors de démonstration, il ne se cachait derrière un paravent pour « protéger » les spectateurs de l’énergie dégagée (!?!?), comme certains l’ont fait ; ce même paravent ne permettant pas, par contre, de protéger lesdits spectateurs de leur propre crédulité suscitée par ces charlatans des arts martiaux qui prennent le public pour des imbéciles. Les démonstrations étaient simples mais efficaces et à la vue de tous.

Il ne faisait pas dans le « bling-bling. » Non, il n’exécutait pas de
Tao sur des tessons de bouteilles pour aller, ensuite, se faire
recoudre les pieds à la fin de la démonstration. Non il ne montait pas sur des planches à clous dont la densité de pointes était telle que, de toute façon, vous ne pouviez pas vous enfoncer. Non il ne marchait pas sur des braises incandescentes, dans une célèbre émission de télévision animée par Christophe DECHAVANNE, à la vitesse d’une gazelle en fuite pourchassée par un lion, après s’être purifié le corps en posant les pieds dans un bac de sel (un scientifique,  surcroit Karatéka, ayant démontré par la suite qu’en marchant constamment et en ayant les pieds parfaitement sec (merci le sel purificateur), la chaleur ressentie au niveau de la plante des pieds ne serait que de 40°C. Le plus dur restant, bien sûr, de se décider à faire le premier pas sur ces braises incandescentes). Non il ne se faisait pas casser de bâton sur un bras tendu, dans le plus célèbre des galas d’Arts Martiaux organisés en France. J’ai dit bâton ? Pardon, je voulais dire « baguette », baguette d’une section si fine et d’une longueur si grande que ledit « bâton » se retrouva sectionné en deux avant même d’avoir touché sa cible. Et non, il n’enfumait pas tout le POPB, dans une autre version de ce même célèbre gala, pour jouer les apprentis ninjas.

Maitre Georges DEMIANOFF était discret. Lui ne donnait pas dans le cirque mais lorsqu’il démontrait, il démontrait. Et quand il démontrait ça devenait surprenant : de la planche cassée alors qu’elle n’est simplement maintenue par un bout de ficelle, lui-même accroché à la planche par une punaise ; de son enracinement au sol lorsque trois ou quatre solides gaillards, pesant une fois et demi le poids du Maître et mesurant une à deux têtes de plus que lui n’arrivaient pas à le faire bouger d’un pouce alors que Maître YUEN ManSin était, lui, en appui sur une seule jambe ; de sa capacité à éteindre une bougie et ce sans la toucher, par un coup de poing ou par un pic des doigts arrêté à, environ, 10 cm de la flamme, tout cela sans pousser de « Kiaï », sans recul de frappe ni manche flottante pouvant truquer le résultat ; lorsqu’il se mettait debout sur ses orteils (sans chaussure évidement) et restait ainsi posé en position statique.

Bien qu’il ne cessa d’enseigner les Arts Martiaux, il eut une existence bien remplie et il exerça aussi, durant sa vie professionnelle les métiers de videur (environ 10 ans à Pigalle), d’acteur, de restaurateur (avec sa femme). Il fut aussi un grand artiste qui peignait superbement bien. Je me souviens de sa reproduction de la fresque « La Création d’Adam » de Michel-Ange dans le restaurant de son épouse, la « Casa Paquita » si ma mémoire ne me joue pas de tour pour le nom du restaurant ou de cette porte peinte, en relief, dans sa maison.

Ses élèves sont aujourd’hui disséminés partout dans le monde et certains n’ont pas hésité à traverser l’Atlantique pour l’assister dans son dernier voyage. Aussi, au nom des « Angel », « Gérard », « François », « Maurice », « Pépé », « Philippe », « Thierry », « Sébastien », « Thibault » et de tous les autres non cités, de France, d’Espagne ou bien d’ailleurs, ainsi que de moi-même, je vous dis :

MERCI à vous, Maître.

MERCI de tout ce temps que vous nous avez consacré pour partager votre savoir avec nous.

Vous étiez une force de la nature, mais là, malheureusement, vous avez livré votre dernier combat et dans celui-ci, la maladie fut plus forte que vous, elle a été victorieuse.

Vous nous laissez orphelin car vous faites partie de notre existence et de nos familles. Nous ne vous oublierons jamais car vous avez marqué nos vies pour toujours. Alors …

 … « Saluez le Maître. »

 

Jean-Michel BOUDIN

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